Reports

Annett Altvater

Annett Altvater

Manager Communications


Tel. +41 61 295 50 02

annett.notexisting@nodomain.comaltvater@baselarea.notexisting@nodomain.comswiss
report ICT
Melanie Kovacs (img: Jasmin Frei / Pep Shot)

Melanie Kovacs (img: Jasmin Frei / Pep Shot)

03.04.2018

«Avoir un bon réseau, c’est pouvoir»

Les cours d’informatique laissaient Melanie Kovacs sur sa faim – elle a donc développé, avec Master21, son offre à elle. Le succès est au rendez-vous, notamment grâce au réseau qu’elle entretient de façon intensive, et qui a continué à grandir à Bâle: avec le réseau «We Shape Tech», qui englobe le domaine de la technologie et de l’innovation, Melanie Kovacs et ses consœurs ont pour objectif de rendre plus visibles les femmes qui travaillent dans les entreprises du secteur de la technologie et de l’innovation et de promouvoir ainsi la diversité.

Madame Kovacs, vous avez fondé Master 21 à l’âge de 28 ans. Quels ont été les ingrédients de cette réussite?

En tant que co-initiatrice du réseau de créatrices d’entreprises Aspire, j’avais rencontré de nombreuses femmes passionnantes. L’une d’entre elles était Valérie Vuillerat, directrice générale de Ginetta. Elle m’a offert un emploi que j’ai accepté. Dans l’agence, je faisais le lien entre les clients et les développeurs. Je travaillais en étroite collaboration avec les techniciens, mais je ne parlais pas leur langue. J’ai ensuite repris des études à l’université. Mais c’était un enseignement frontal terriblement théorique et ennuyeux qui ne me plaisait pas. J’étais sûre que tout le monde peut apprendre à programmer, mais je pensais qu’on pouvait faire autrement.

Qu’est-ce que votre entreprise sait mieux faire?

Nous faisons exactement ce qui me faisait défaut à l’époque: nous donnons à des personnes sans formation technique, dans une atmosphère agréable et à l’aide de nombreux exercices pratiques, suffisamment de compétence et de confiance en soi pour la programmation. La plupart des gens ont le même ressenti que moi – ils ne veulent pas nécessairement se lancer dans une nouvelle carrière, mais travailler sur une base solide avec des développeuses et développeurs. Chez Master21, ils apprennent les termes et concepts de base et comprennent les interactions entre le design, le frontend, le backend et les bases de données. Les participantes et participants découvrent  HTML, CSS, Javascript, Ruby et s’essaient par eux-mêmes au fonctionnement de la programmation orientée objet.

Comment s’est déroulé le processus de fondation?

En parallèle à mon travail chez Ginetta, j’ai démarré un projet pilote pour Master21. Pour moi, cette transition en douceur a été idéale. Mon co-fondateur est responsable des aspects techniques et du contenu, je suis responsable du commercial. Je suis vraiment heureuse qu’il m’ait donné un coup de pouce à l’époque pour que je me lance enfin. Je ne suis pas certaine que j’aurais pu créer une entreprise toute seule. Il y a quelques mois, nous avons pu embaucher une nouvelle collaboratrice. Pour moi, il est très motivant que toutes les initiatives ne tiennent pas seulement à ma personne, mais que je puisse échanger des idées avec une équipe.

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans le fait d’être entrepreneuse?

Je peux donner de la flexibilité à ma routine quotidienne, j’apprends beaucoup et je travaille tous les jours avec des gens intelligents et passionnants. De plus, je remarque que mon offre a une influence directe sur les participants au cours: il y a même deux cas où des personnes se sont rencontrées pendant le cours et ont ensuite démarré leur propre projet ensemble. Il est assez difficile de trouver des développeuses et développeurs qui aiment enseigner et qui le font bien.

Que va-t-il advenir de Master21?

Je participe actuellement à l’Accelerator Program de l’Entrepreneurs’ Organization. En plus, je travaille avec un coach. A l’heure actuelle, une levée de fonds n’est pas à l’ordre du jour étant donné que j’aimerais continuer à grandir indépendamment des investisseurs. Je veux que l’entreprise se développe, mais à mon rythme et dans une perspective à long terme.

La société est basée à Zurich et vous vivez à Bâle. Où est-que vous déployez vos activités?

Je suis à Zurich quand je veux travailler au sein de l’Impact Hub et rencontrer des gens. C’est également là qu’ont lieu les cours, jusqu’à présent. A Bâle, je travaille à domicile, où j’élabore la stratégie d’entreprise et rédige des textes. Si ça devient trop calme pour moi, je vais à l’Unternehmen Mitte et j’y travaille, ou je retrouve quelqu’un pour le déjeuner dans la halle du marché. Je pense qu’il y a une grande ouverture d’esprit perceptible à Bâle, grâce aux nombreux expatriés.

Quelle est l’importance de votre réseau personnel pour le succès de Master21?

Mon réseau est absolument central. Au début, j’ai écrit à chacun de mes contacts par e-mail, je leur ai rendu compte de mon nouveau projet et je les ai invités à me faire part de leurs commentaires. J’entretiens mon réseau via LinkedIn et par e-mail, je vais régulièrement prendre un café avec les gens. Je me rends également à des événements comme TEDxZurich – et je suis active au sein de We Shape Tech.

Vous adorez le réseautage.

Oui, c’est quelque chose que fais avec aisance. Le réseautage a une connotation négative pour de nombreuses personnes. Je ne cherche pas à collectionner les cartes de visite. Je veux faire la connaissance de personnes. Et je préfère avoir une conversation avec un seul individu plutôt que de distribuer ma carte de visite à la va-vite. J’aime beaucoup le réseautage parce que je peux apprendre quelque chose de tout le monde. Il y a quelques années, j’étais présente partout, également pour promouvoir mon entreprise. Maintenant, je trouve ennuyeux que tout le monde se contente de faire sa petite présentation et je choisis mieux les événements auxquels je participe. Je trouve le réseautage particulièrement enrichissant si l’on peut échanger avec d’autres en petits groupes sur un sujet commun.

Vous avez amené à Bâle l’initiative pour la diversité, le réseau We Shape Tech, qui était déjà actif à Zurich et à Berne. Pourquoi ce réseau faisait-il défaut à Bâle?

Bâle continue d’avoir un grand potentiel dans le domaine de la technologie et de l’innovation. Nous l’avons notamment remarqué au fait que nous avons été accueillis à bras ouverts. Elaine Skapetis, membre de notre conseil d’administration, est développeuse chez Adobe. L’entreprise nous a fourni un soutien généreux, sans hésitation, lors de nos deux premiers événements à Bâle. Lors de l’événement de lancement, la salle était plein à craquer, nous avons reçu une quantité incroyable d’encouragements. Nous donnons aux personnes qui travaillent dans le domaine de la technologie et de l’innovation ou qui s’y intéressent la possibilité d’échanger des idées et d’apprendre les unes des autres. Pour ce faire, nous nous servons d’un format spécial dans lequel une personne raconte son histoire personnelle, amorce une discussion et où il reste du temps pour le réseautage. Notre objectif est de connecter les gens, de transmettre des savoir-faire et d’assurer l’accès à d’autres organisations et partenaires. Savoir et disposer d’un bon réseau, c’est pouvoir.

Quelles sont les avantages qu’apportent les réseaux qui s’adressent principalement aux femmes?

A Bâle, les hommes sont également les bienvenus au sein de «We Shape Tech». Pour promouvoir la diversité, il faut des hommes et des femmes. Malheureusement, seuls quelques hommes ont saisi cette opportunité jusqu’à présent. Les quelques hommes qui assistent aux réunions vivent l’événement comme le font souvent les femmes, à savoir en tant que membres d’une minorité. Lorsque les femmes sont entre elles, il en émerge une atmosphère plus détendue. J’en fais aussi l’expérience lors des cours réservés aux femmes de Master21: lorsque les femmes sont entre elles, elles osent davantage. En plus, elles posent des questions qu’elles garderaient pour elles s’il y avait des hommes dans la salle et s’expriment avec plus d’assurance et de confiance que lorsque des hommes sont présents.

A propos de Melanie Kovacs
Melanie Kovacs a fondé Master21, où les personnes intéressées sont initiées aux bases de la programmation dans le cadre de cours pratiques. Auparavant, elle avait créé le réseau de femmes Aspire et organisé des week-ends pour startups. Entrepreneuse, elle a fait des études en gestion d’entreprises à la Haute école de gestion de Zurich et à l’Université de Madrid et a obtenu un CAS en Requirements Engineering à la Haute école technique de Rapperswil.  Avec Aileen Zumstein et Elaine Skapetis, Melanie Kovacs a amené le réseau «We Shape Tech» à Bâle. L’initiative «Movement in Diversity» offre une plate-forme et une communauté aux personnes qui veulent faire une différence dans le domaine de la technologie et de l’innovation. En parallèle, l’organisation se concentre sur la transmission de savoir-faire et la promotion des échanges.

Catégories

ICT
Cookies

Le site BaselArea.swiss utilise des cookies pour améliorer votre navigation. Pour continuer à surfer, veuillez accepter l'utilisation des cookies. 

Ok