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report Life Sciences

«Nous ne faisons aucun compromis lorsqu’il s’agit de créer l’entreprise au plus fort poten...

26.08.2019

Versant Ventures dispose d’une solide expérience dans la création d’entreprises performantes comme Therachon, Black Diamond ou CRISPR Therapeutics. Nous nous sommes entretenus avec Alex Mayweg, associé au sein de l’équipe Versant Ventures à Bâle, de la magie de la société de conseil Ridgeline Therapeutics, de la transposition des avancées scientifiques en programmes pharmaceutiques fructueux et des tendances futures en matière de découverte de médicaments.

Alex, quelles sont les activités de Versant Ventures?

Alex Mayweg: Versant Ventures est une société de capital-risque leader au plan mondial qui est spécialisée dans le secteur de la biotechnologie et excelle dans les investissements précoces et la création d’entreprises. Nous venons juste de célébrer nos vingt ans d’existence. Notre stratégie vise à identifier à l’échelle globale les opportunités les plus innovantes qui sont susceptibles de révolutionner l’industrie pharmaceutique. Nous avons trois façons de procéder: nous investissons dans des entreprises existantes avec d’autres partenaires, mais dans 50% des cas, nous créons et assurons le financement initial entièrement par nous-mêmes. En plus de cela, nous exploitons des moteurs de découverte comme Ridgeline Therapeutics: ils nous permettent de développer la science, d’évaluer les risques et d’y répondre afin de transformer les découvertes en programmes de recherche et en entreprises. Pour ce faire, nous avons réuni certains des meilleurs professionnels de l’industrie pharmaceutique. Ils contribuent à faire avancer la science et à bâtir des entreprises qu’ils finissent parfois par intégrer lorsque ces sociétés nouvellement créées prennent leur essor.

Versant Ventures a établi son siège à San Francisco et dispose d’antennes aux Etats-Unis, au Canada – et à Bâle. Pourquoi avoir choisi le pôle économique bâlois?

En Europe, Versant s’appuie sur de solides antécédents. Nous avons financé ici plusieurs entreprises prospères, comme CRISPR Therapeutics ou Therachon, qui a récemment été rachetée par Pfizer. Nos bureaux de Bâle sont établis ici depuis longtemps et grâce à la société de conseil que nous avons lancée il y a trois ans, nous pouvons désormais récolter directement l’extraordinaire expertise qui existe dans la région dans le domaine de la découverte de médicaments. Des milliers de spécialistes vivent ici, ce qui est sans équivalent en Europe et rend, à mon avis, la région globalement très compétitive. Nous avons déjà investi 100 millions de dollars dans des entreprises bâloises créées avec l’aide de Ridgeline. Nous sommes très engagés localement, même si certaines de nos entreprises pourraient également être appelées à se développer aux Etats-Unis. Beaucoup ont une double implantation.

De quelle manière fonctionne Ridgeline?

A la façon d’un moteur de découverte: une excellente équipe crée des entreprises qui utilisent Ridgeline comme une ressource et un appui pour se construire. C’est un modèle magnifique. Nous créons des entreprises visionnaires qui, avant de conquérir leur indépendance, bénéficient dès le départ du soutien de personnes qui savent ce qu’elles ont à faire pour établir une base de données solide et pour mettre en place une stratégie adaptée. Nous pouvons ainsi attirer des talents que les jeunes start-up ont parfois du mal à recruter. Nous avons à disposition un pool formidable de biologistes, biologistes cellulaires, oncologues, immunologistes et chimistes dotés d’une expérience à la fois approfondie et étendue dans leurs domaines.

Dans quelle sphère se déploient vos activités?

Nous ne nous fixons aucune limite. Nous avons des entreprises qui se concentrent sur les petites molécules et sur les protéines. Les anticorps recèlent un potentiel incroyable, mais nous n’avons pour l’instant pas fait de découvertes réellement excitantes. Pour nous, la thérapie cellulaire et les autres techniques émergeant dans la région ouvrent aussi des perspectives prometteuses. Il serait très intéressant que la Suisse affirme sa présence dans ce domaine, qui se distingue selon moi par une activité en plein essor et une science d’excellence.

Où trouvez-vous la science qui vous enthousiasme – ou est-ce la science qui vous trouve?

C’est un mélange des deux. Nous identifions les thèmes dont nous pensons qu’ils vont gagner en importance et nous recherchons activement des universitaires réalisant des travaux sur ces thèmes. Nous devons miser sur l’avenir et identifier les meilleurs spécialistes. Très souvent, nous les trouvons en Europe et en Suisse, pour ainsi dire sur le pas de notre porte.

Les chercheurs sont souvent très attachés à leurs recherches, et il est connu que Versant implique souvent ses propres collaborateurs dans la création d’entreprises. Comment gérez-vous ces sources de conflits potentiels?

Je suis toujours surpris de voir combien les gens sont capables d'évoluer, ce qu’ils peuvent apprendre et comment ils s’épanouissent dans leurs carrières. Il est extrêmement important pour nous de les soutenir dans cette démarche. Force est de reconnaître que la découverte de médicaments est difficile, qu’elle exige de l’expérience et ne va pas sans quelques cicatrices dues aux échecs rencontrés pour être efficace. Si vous n’utilisez pas votre expérience et si vous ne mettez pas en place une stratégie appropriée, vous pouvez appliquer la bonne technologie à la mauvaise cible. Associer des universitaires engagés, des entrepreneurs et des équipes de spécialistes tant de la découverte de médicaments que du leadership s’est avéré très fructueux. Naturellement, cela signifie que Versant joue un rôle important dans la création des entreprises.
Nous ne faisons aucun compromis lorsqu’il s’agit de créer l’entreprise au plus fort potentiel dans un espace donné. Nous avons de grandes ambitions et je pense que c’est la bonne manière de voir les choses quant à ce qui est nécessaire pour mettre sur pied une telle entreprise. Avec plus de 150 sociétés à son actif, Versant dispose d’une expérience qui lui permet de puiser dans une vaste source de connaissances.

Avant de rejoindre Versant Ventures, vous avez travaillé dans la découverte de médicaments chez Roche. En quoi est-ce différent de poursuivre cette activité au sein d’un fonds d’investissement?

Roche est un endroit formidable – en fait, c’est là que j’ai appris presque tout ce qu’il y a à savoir sur le développement de médicaments. La biotechnologie soutenue par le capital-risque constitue une aventure très différente. Nous découvrons chaque année des centaines de technologies innovantes et il est incroyablement excitant d’avoir l’opportunité de sélectionner les plus probantes et de les intégrer à des entreprises. Nous investissons dans des innovations et des technologies à la pointe du progrès avec des équipes qui sont au départ certes restreintes, mais focalisées sur leur but. De nos jours, la disponibilité du capital est incroyable. Il est désormais possible de lancer et de mettre en œuvre des programmes de recherche avec des équipes expérimentées sans passer par les grandes compagnies pharmaceutiques ou en recourant à des sociétés de recherche contractuelles, ce qui était impossible sous cette forme il y dix ans.

Combien de capital Versant investit-il avant d’ouvrir sur l’extérieur?

Nous réservons des dizaines de millions pour nos entreprises et les montants investis dépendent toujours de l’entreprise, de la façon dont nous les faisons prospérer et dont nous les répartissons. Si une entreprise ou une technologie exigent des fonds que nous ne sommes pas en capacité d'apporter, nous pouvons faire appel plus tôt à d’autres investisseurs. Je dirais cependant que nous sommes capables de lancer des entreprises avec des capitaux beaucoup plus importants qu'habituellement dans la région.

Les sommes investies ne semblent pas cesser d’augmenter. Quelle en est la raison?

Il faut des poches bien garnies pour créer des entreprises leader dans leur domaine et lorsque la technologie est si vaste qu’elle offre des applications multiples, vous n’avez pas envie de nourrir ces opportunités au compte-goutte. Mettre au point de nouveaux médicaments est difficile et onéreux. Nous voyons des entreprises qui sont persuadées qu’elles peuvent amener une molécule au stade clinique avec trois millions de capital de départ. Nous savons qu’elles vont avoir besoin de beaucoup plus. Parallèlement, nous ne levons pas non plus des montants hors norme. Développer la biotechnologie en s’appuyant sur des fonds d’investissement constitue un modèle qui contribue à optimiser la manière dont nous utilisons le capital pour créer de la valeur.

Quel est votre premier réflexe une fois que vous avez décidé d’investir?

Nous minimisons les risques et nous explorons de possibles stratégies, ce qui signifie, entre autres, que la science doit pouvoir être reproductible si elle est mise en d’autres mains. Nous nous impliquons à un stade précoce, ce qui nous permet d’évaluer très précisément les risques scientifiques. Cette proximité nous permet de mieux comprendre ce que cela signifie de promouvoir la science et d'en devenir les promoteurs. Les scientifiques ont tendance à tomber amoureux de leurs recherches, mais si Versant est aussi convaincu de l'intérêt de leurs travaux et les valide, cela constitue un atout de poids pour lever des fonds additionnels et convaincre les investisseurs suivants.

L’échec constitue-t-il une option?

Qui dit industrie pharmaceutique dit presque inévitablement pertes. Les grandes compagnies démarrent avec 50 programmes qui sont ensuite réduits à 30 et 10 finissent par atteindre le stade clinique. Vous éliminez toujours des programmes. Il est intéressant de noter que le taux de déperdition est relativement bas au sein de notre portefeuille. La science n’en demeure pas moins la science et les fruits escomptés ne sont pas toujours au rendez-vous. Bien que nous planifions toujours la mise au point de médicaments de manière linéaire, la voie de la découverte s’avère souvent tortueuse. Il est fort possible que vous n’arriviez pas à faire ce que vous aviez prévu de faire au départ. Néanmoins, le modèle du capital-risque n’a de cesse de maximiser, de préserver et de tirer profit de la valeur générée. Il arrive rarement que vous restiez les bras croisés à laisser la situation se dégrader.

Qu’attendez-vous de l’avenir de la biotechnologie?

Si l’on se penche sur les innovations thérapeutiques qui ont jalonné l’histoire de l’industrie chimique dans la région de Bâle, on constate qu’il existe des courbes d’évolution qui couvrent plusieurs décennies. Les cycles passés ont permis d’améliorer l’espérance de vie et la survie au cancer, de réduire le taux de mortalité dû aux pathologies cancéreuses et induit un fort recul des maladies infectieuses. La biotechnologie nous fait vivre une révolution incroyable. Il y a des années de cela, les petites molécules, puis les anticorps ont été découverts. Toute une gamme d’options s’offre désormais à nous, des petites molécules aux matériaux biologiques en passant par la thérapie cellulaire, l’édition génomique, la thérapie génique et d’autres, ce qui libère un énorme potentiel d’innovation. Nous ne nous contentons pas de choisir les meilleures opportunités parmi les courbes d’évolution existantes, nous visons également à en générer de nouvelles. Comme le soulignait récemment l’un de mes partenaires chez Versant: «La meilleure technologie est celle qui n’a pas encore été inventée, mais une chose est sûre: dès qu’elle le sera, nous allons la dénicher et construire une entreprise incroyable autour d’elle.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur la manière dont Versant Ventures fonctionne et sur son moteur de découverte Ridgeline Therapeutics, rejoignez-nous à Bâle le 18 septembre pour assister à la présentation d’Alex Mayweg: Investor Spotlight: Ridgeline Therapeutics – A Versant Ventures Discovery Engine

report Innovation

Tide Ocean turns ocean plastic waste into watches

18.10.2019

report Invest in Basel region

Kindoh opens global headquarters in Basel

17.10.2019

report BaselArea.swiss

33 entreprises récemment implantées créent des centaines d'emplois

28.03.2019

BaselArea.swiss a pu célébrer d’importants succès en 2018. Elle a convaincu 33 entreprises − soit sept de plus que l’année précédente − de venir s’installer dans la région économique de Bâle. 16 entreprises européennes, dont neuf allemandes, sont venues s’y installer. BaselArea.swiss a en outre apporté son soutien à six entreprises suisses dans leur recherche d’un site adapté dans la région de Bâle. Parmi les entreprises nouvellement implantées, 19 sont issues du secteur des Sciences de la vie et de la chimie.

Ces entreprises nouvellement implantées dans la région économique de Bâle ont déjà créé 139 emplois, et prévoient d’en créer 296 autres dans les prochaines années. Les entreprises manifestent un grand intérêt à s’implanter dans la région de Bâle; en témoignent les plus de 400 conseils personnalisés en Suisse et à l’étranger et les 69 visites d’investisseurs et de délégations d’entreprises à Bâle que BaselArea.swiss a organisées en 2018.

Outre la promotion économique, la deuxième mission clé de BaselArea.swiss, à savoir l’encouragement de l’innovation, s’est remarquablement bien développée. BaselArea.swiss a apporté son soutien à 72 start-up lors de leur création. Comparé à l’année précédente, neuf entreprises supplémentaires ont ainsi été créées. Il s’agissait avant tout d’entreprises des secteurs des Sciences de la vie et des Technologies de l’information et de la communication.

La demande de conseil et de mentoring a nettement augmenté. Les entreprises ont profité 556 fois de cette prestation qu’offre BaselArea.swiss, soit plus de trois fois plus que l’année précédente. Les manifestations organisées par BaselArea.swiss ont également remporté un franc succès. Près de 6000 participants se sont vus proposer une plateforme pour réseauter et faire émerger de nouvelles idées.

Vous trouverez le communiqué de presse ici. Le rapport annuel 2018 complet de BaselArea.swiss peut être téléchargé au format PDF.

report Innovation

On se lève tôt : NextDay.Vision est le premier locataire au Switzerland Innovation Park Ba...

26.09.2019

report Life Sciences

Fresh capital for biopharmaceutical companies

09.09.2019

report Precision Medicine

Les innovations passent à la vitesse supérieure avec le programme d’accélération DayOne

05.03.2019

Quatre startups innovantes du secteur des soins de santé participent au premier cycle du programme d’accélération DayOne. Faraz Oloumi d’Aurteen, Chang Yun de Noul et Christian Vogler et Leo Gschwind d’Advancience montrent jusqu’où une conviction peut mener.

BaselArea.swiss: Faraz, quelle est la raison qui vous a poussé à créer Aurteen, au départ?

Faraz: Durant mes études en ingénierie électrique et informatique, j’ai travaillé sur l’analyse des images rétiniennes et je suis tombé amoureux de ce domaine. J’ai obtenu mon master, puis mon doctorat, et j’ai refusé un poste sûr pour continuer dans ce domaine, et j’ai ainsi fondé Aurteen. Je suis absolument convaincu du caractère novateur et de la nécessité d’une évaluation de la rétine assistée par ordinateur, car les vaisseaux situés au fond de l’œil reflètent notre état de santé général, depuis les maladies de la rétine jusqu’aux troubles métaboliques ou cardiovasculaires.

Christian, y a-t-il eu un moment inaugural pour vous également?

Christian: J’ai étudié la psychologie et la génétique. Afin d’utiliser la génétique en tant qu’outil pour explorer l’esprit humain, mes co-fondateurs et moi-même avons commencé à étudier la psychométrie. En général, la gamme d’outils utilisés pour les tests psychométriques date de la période allant des années 1940 jusqu’aux années 1970. Nous avons adapté ces tests psychométriques au XXIe siècle, nous y avons ajouté un soupçon de ludification, les avons rendu divertissants et modulables. Nous sommes ainsi capables de traiter un grand nombre de participants à ces études. Nous voulons faire avancer la psychologie. Nous sommes convaincus que nos outils peuvent être utilisés dans de nombreux domaines. Il s’agit d’un outil de diagnostic utilisé pour tester les troubles de l’attention ou les altérations de la mémoire, ainsi que d’un outil de RH permettant d’améliorer la collaboration entre les équipes.

Chang, vous avez rejoint Noul il y a un an. Quelle en a été la raison?

Chang: L’un des co-fondateurs est ingénieur en biomédecine. Après avoir décroché son doctorat aux Etats-Unis, il a passé un an et demi au Malawi dans le cadre d’une mission de bénévolat social. Il a vu de nombreux enfants mourir du paludisme et a été surpris de constater que les professionnels de santé continuaient d’utiliser des tests qui étaient déjà considérés comme imprécis et inefficaces. Il a créé Noul en 2015 afin de mettre au point un appareil mobile recourant à l’analyse d’images et à l’intelligence artificielle pour diagnostiquer des maladies à partir de prélèvements sanguins. En tant qu’ami proche, je me suis intéressé à ce projet dès le départ et je l’ai rejoint il y a un an, certain que ma carrière aux Nations Unies serait un atout pour la réussite du projet. J’ai de l’expérience en gestion des affaires et en administration publique. En tant que Directeur du Développement des affaires mondiales chez Noul, je suis en train de créer l’antenne de Noul en Europe.

Quelle a été la principale difficulté pour créer la société?

Chang: En ce qui nous concerne, ce sont les connaissances scientifiques. Nous avons fait des tentatives et essuyé des échecs. Si les essais cliniques en laboratoire donnaient de bons résultats, les résultats sur le terrain ont souvent été inattendus. Parfois, il était difficile d’obtenir suffisamment d’échantillons de bonne qualité. Afin de surmonter ces obstacles, nous coopérons avec l’Institut tropical et de santé publique suisse de Bâle. Par ailleurs, l’approbation d’une nouvelle technologie telle que la nôtre nécessite de nouveaux critères. Cela prend un temps considérable et exige de notre part des données suffisamment convaincantes.

Christian: Lorsqu’on est scientifique, on ne devient pas entrepreneur du jour au lendemain. Il m’a fallu admettre qu’il n’y a pas que les résultats scientifiques qui comptent. En effet, je dois assurer la promotion de mes résultats et élaborer des propositions de valeur spécifiques. Mes domaines de prédilection sont la psychologie, la génétique et la bioinformatique – mais désormais, je dois également faire des analyses de rentabilité. Dans le monde de l’entreprise, il n’y a pas une seule journée sans un nouveau problème à régler. Il vous faut toujours un plan B, C et D. Cela représente une charge de travail considérable, mais c’est également beaucoup de plaisir.

Faraz: Ne pas être en mesure de s’assumer financièrement n’est pas une situation facile. Je ne me suis pas versé un seul centime au cours des dernières années. Le plus difficile pour moi a cependant été de convaincre les gens que mes idées et ma vision n’étaient pas insensées. J’ai dû faire face à beaucoup d’adversité. Mais je ne regrette rien. Puis, j’ai dû surmonter d’autres défis tels que le fait de devenir CEO et non pas simplement CTO, ce qui implique d’en finir avec le perfectionnisme. C’est un challenge que j’apprécie.

Qu’espérez-vous réaliser au cours des deux prochains mois dans le cadre du programme d’accélération DayOne?

Faraz: Le Canada est un terrain idéal pour la télémédecine et c’est là que se trouvent mes collaborateurs et mes clients potentiels, mais si l’on regarde uniquement les chiffres, notre analyse de rentabilité n’est pas très favorable dans ce pays. Par ailleurs, le marché le plus proche, à savoir les Etats-Unis, est très fragmenté et compliqué à pénétrer. Le programme d’accélération DayOne est pour nous une opportunité unique de nous pencher sur le marché européen pour le valider. En outre, nous entendons valider notre liste de propositions de valeur et trouver des investisseurs.

Chang: Nos partenaires suisses nous ont encouragés à postuler à ce programme et nous avons eu la chance d’être sélectionnés. Selon moi, Noul a déployé des efforts considérables au cours des trois dernières années pour concevoir des solutions de diagnostic inédites. Le moment est désormais venu de faire le bilan de ce que nous avons réalisé jusqu’ici et de le mettre à profit pour donner encore plus de substance à notre modèle d’affaires. Nous voulons rencontrer des gens qui soient capables de nous aider à atteindre cet objectif et à explorer les opportunités.

Leo: Nous souhaitons apprendre comment organiser et gérer notre entreprise. Et nous souhaitons avoir tous les atouts en main pour convaincre les investisseurs et rechercher des capitaux de départ.

Le programme d’accélération a commencé en janvier. Qu’en pensez-vous jusqu’à présent?

Faraz: J’ai été très agréablement surpris. L’écosystème en termes de soutien aux start-up est complètement différent de ce que j’ai connu jusqu’à présent. J’échange avec de hautes pointures du secteur pharmaceutique et clinique et dans l’ensemble, je ressens un engouement incroyable. L’équipe DayOne met tout en œuvre pour garantir le succès de mon projet. Je suis convaincu qu’ici, nous allons passer à la vitesse supérieure. Au vu de mon expérience sur place jusqu’à présent, j’étudie la possibilité de m’établir ici à Bâle. C’est vraiment une chance incroyable pour notre équipe.

Chang: Je suis impressionné. Les réunions que nous avons eues jusqu’à présent nous ont été extrêmement profitables et utiles. D’un point de vue stratégique, le fait d’être présents à Bâle est très intéressant, d’autant que cela nous rapproche de notre partenaire, Swiss TPH, et que nous nous retrouvons à faible distance de nos parties prenantes basées à Genève. Pour l’instant, l’accélérateur se révèle très efficace.

Leo: Le programme nous apporte énormément. Apprendre à structurer notre activité est extrêmement bénéfique. C’est fabuleux de pouvoir apprendre le métier auprès d’experts et de profiter de conseils de première main. Et le financement résout la plus grosse difficulté.

Quel a été votre plus grand choc culturel en arrivant à Bâle?

Chang: Dans ma culture, les gens ne sont pas aussi directs, alors qu’ici ils expriment leurs opinions plus franchement. J’apprécie cette diversité et j’aimerais qu’elle soit davantage présente dans notre équipe, en Corée du Sud. Par ailleurs, j’observe rarement des embouteillages par ici.

Faraz: C’est impressionnant de voir comment tout le monde ici semble comprendre l’anglais.

report Entrepreneurship

Basel startup aims to change agriculture sector

06.09.2019

report BaselArea.swiss

Leading startups benefit from BaselArea.swiss

05.09.2019

report Life Sciences

«Nous sommes une petite entreprise avec un large portefeuille»

05.02.2019

Martine et Jean-Paul Clozel ont créé Actelion en compagnie de deux autres fondateurs, puis en ont fait la plus grande société biotechnologique d’Europe. Actelion et son pipeline de produits en phase finale ont été rachetés par Johnson & Johnson en 2017. A partir des actifs de recherche et développement d’Actelion qui en étaient à l’étape de découverte ou à un stade initial, le couple a alors créé Idorsia, avec l’ambition de bâtir l’une des plus grandes sociétés biopharmaceutiques d’Europe.

Nous nous sommes retrouvés avec Martine Clozel afin d’évoquer sa passion pour la recherche, le point de vue médical sur la science et les besoins des entrepreneurs en devenir dans le secteur des biotechnologies.

BaselArea.swiss: Martine, Idorsia est-elle la nouvelle Actelion?

Martine Clozel: En partie, oui. Nous continuons à réaliser des choses complexes. En ce sens, rien n’a changé. Notre culture et nos objectifs sont les mêmes qu’au sein d’Actelion: nous désirons trouver de nouveaux médicaments innovants, capables d’avoir un impact important sur la vie des patients. Nous sommes vraiment ravis de poursuivre notre travail de découverte de médicaments. C’est fantastique de pouvoir le faire. L’enthousiasme s’exprime à travers toute l’entreprise, je le vois. Actelion était devenue une grosse société biopharmaceutique, présente dans de nombreux pays. Idorsia, quant à elle, est basée à Allschwil et se concentre sur l'efficacité des activités de recherche et développement. Cela dit, nous pensons déjà à la phase commerciale; nous avons récemment embauché un directeur commercial et ouvert un premier bureau à l'étranger, en l'occurrence au Japon.

Vos décisions concernant votre portefeuille sont-elles uniquement guidées par la science? Ou prenez-vous en considération certains facteurs commerciaux?

Nous savons tous que les besoins médicaux sont immenses pour ce qui touche à l’insomnie, au lupus ou à l’hypertension. Le choix d’une nouvelle indication clinique dépend de la nouvelle molécule, de son mécanisme d’action et de là où la molécule peut avoir l’impact le plus fort en tant que nouvelle thérapie. Nous essayons de faire preuve de beaucoup de pragmatisme et d’emprunter la direction que nous montre la science. En phase II et au‑delà, lorsque nous commençons à avoir une meilleure compréhension et à constater que notre hypothèse se confirme en matière de sécurité et d'efficacité, nous pouvons nous lancer dans le positionnement du médicament en vue de sa mise sur le marché et de son potentiel commercial.

Quelle est votre approche en matière de projets d’acquisition ou de cession de licences?

Nous n’acquérons aucune licence, car nous développons quantité de projets internes fascinants. A l’heure actuelle, dix de nos composés sont en phase de développement clinique. Par ailleurs, plusieurs projets de recherche progressent vers le développement. Toutefois, nous menons des activités en vue de signer des accords de cession de licences – pas parce que ces projets ne sont plus d’intérêt prioritaire, mais parce que notre organisation est bien plus petite qu’avant. Nous ne disposons plus que d’un tiers des capacités de développement clinique que nous possédions par le passé et nous ne pouvons donc pas tout gérer. Nous sommes une petite entreprise dotée d'un large portefeuille.

Etes-vous entièrement focalisés sur vos projets internes? Ou recherchez-vous aussi des collaborations externes?

Nous recherchons des solutions sur mesure. Si nous identifions quelque chose qui peut nous aider, nous collaborons volontiers avec des partenaires externes, que ce soit des universités, des sociétés biotechnologiques ou d’autres entités. En fait, nombre de nos projets débutent à la lecture d’un article ou en tombant sur de nouvelles données intéressantes, sur lesquelles nous avons envie de travailler.

Sur votre site web, vous abordez en premier lieu les symptômes des patients lorsque vous décrivez une maladie, et vous évoquez la science seulement dans un deuxième temps. Comment veillez-vous à toujours rester proches des patients, tant vous-même que vos collaborateurs?

Nous sommes très proches des gens qui sont proches des patients, comme les docteurs, les infirmières, etc. Nous écoutons attentivement et essayons réellement de comprendre les patients. Nous invitons également des patients à nous rencontrer. Je suis docteur en médecine. J’ai donc naturellement un point de vue médical sur tout ce que nous entreprenons dans le domaine de la recherche. C’est l’une des caractéristiques d’Idorsia.

En parlant de collaborateurs, est-il facile de recruter les bonnes personnes?

Ce n’est pas facile, mais c’est partout pareil. Personnellement, j’adore la pharmacologie. C’est fantastique de pouvoir aider les patients, d’en traiter des milliers. C’est vraiment génial et pourtant, tout le monde n’en a pas conscience. Il y a un vrai manque de communication autour de l’intérêt de la recherche pharmaceutique, qu’il s’agisse des améliorations de l’espérance de vie, des révolutions dans le domaine de l’oncologie ou de l’amélioration de la qualité de vie. Tout n’est que progrès. Nous devons parler davantage de l’importance du secteur pharmaceutique pour attirer les prochaines générations de talents.

Il semble que les sociétés biotechnologiques américaines sont plus prospères en restant indépendantes. Quelle en est la raison à votre avis?

Je ne suis pas sûre que cela soit vrai au vu des acquisitions récentes de Celgene, Tesaro, Kite et Loxo par BMS, GSK, Gilead et Eli Lilly, respectivement. Pour n’en citer que quelques‑unes. A l’heure actuelle, les sociétés biotechnologiques restent rarement indépendantes, même aux Etats-Unis, simplement parce que les grandes entreprises s’appuient largement sur leurs découvertes. Avec Actelion, nous avions une vision à long terme ambitieuse. Nous n’avons jamais eu pour objectif de nous faire racheter. Au contraire, nous voulions créer une structure – pas seulement une molécule ou une technique – mais une organisation, qui soit en mesure de découvrir de nombreux médicaments. Nous étions ambitieux et nous prenions des risques, ce qui est relativement rare. Peut-être les sociétés biotechnologiques américaines affichent-elles un peu plus cette ambition, mais l’Europe présente des particularités que le secteur devrait mettre à profit. Par exemple, l’industrie chimique en Suisse et en Allemagne est exceptionnelle. D’une manière générale, l’Europe ne manque pas de travaux scientifiques passionnants et de personnes de talent.

En quoi est-ce gratifiant pour vous de travailler dans une start‑up plutôt qu’une grande entreprise?

Une petite organisation offre plus de liberté et, surtout, plus de proximité entre les faits et la prise de risques. Notre portefeuille est suffisamment modeste pour que la direction connaisse tous les projets. Nous pouvons être très efficaces dans la prise de décisions, ce qui est beaucoup plus compliqué dans les grandes entreprises.

Quel serait votre conseil pour lancer une société biotechnologique?

Il faut penser en même temps à survivre et à être rentable. Adopter une vision large, à court et à long terme, sans se focaliser uniquement sur la prochaine étape, mais en voyant les choses en grand dès le début. Faire preuve de pragmatisme dans les décisions. Et plus particulièrement, ne pas faire les choses seul, s’entourer d’une équipe.

Au sujet du choix d’un partenaire, vous avez créé Actelion et Idorsia avec votre mari. Comment passez-vous du laboratoire à la table à manger?

Mon mari et moi, nous nous connaissons depuis très longtemps. Nous avons en commun la passion de la recherche et de l’aide aux patients. J’ai toujours apprécié de pouvoir discuter des difficultés, mais aussi de partager de nombreux bons moments avec Jean-Paul. Bien évidemment, nous travaillons beaucoup et sommes très impliqués – comme tout le monde chez Idorsia. Nous tentons de tracer une limite claire entre le bureau et la maison, surtout quand nos enfants et petits-enfants nous rendent visite. Nous voulons être disponibles pour eux. C’est difficile, mais nous ne pensons pas constamment au travail et n’en parlons pas tout le temps.

Serez-vous encore à la recherche du prochain médicament dans dix ans?

Je ne pense pas. Je n’ai pas envie de travailler toute ma vie. Un jour ou l’autre, j'aimerais avoir plus de temps à consacrer à ma famille et à mes amis.

Actelion n’est pas seulement connue pour ses médicaments, mais aussi pour son édifice emblématique. Idorsia est domiciliée dans un édifice conçu par Herzog & de Meuron. L’architecture est-elle importante à vos yeux?

Très importante. Ces édifices se dresseront là pendant de nombreuses années. Ils font partie de la culture et du style de Bâle. La Suisse, et Bâle en particulier, sont à l’avant-garde en matière d’architecture. Nous sommes heureux d’avoir pu y participer. L’architecture est le symbole de l’innovation à laquelle nous aspirons. Nous souhaitons que nos collaborateurs travaillent dans de bonnes conditions, avec beaucoup de lumière et de nombreuses possibilités d’interaction – après tout, nous passons un temps considérable au bureau.

Nous avons entendu une histoire drôle au sujet du nom Idorsia, qui serait l’acronyme de «I do research in Allschwil». Quelle est la vraie histoire de ce nom?

J’aime bien cette histoire. En réalité, nous avons eu l’occasion d'utiliser l’un des noms de produits que nous avions déjà protégés, ce qui nous a donné une bonne base de départ pour assurer le nom de l’entreprise.

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«Il faut savoir changer ce qui a toujours été»

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Désirée Mettraux est CEO de Creadi, un spin-off de Pax qui a développé la plateforme d’assurance en ligne Simpego, depuis 2016. La conviction de cette experte de l’assurance: les acteurs du secteur ont tout intérêt à collaborer entre eux. Son objectif: rendre l’assurance ludique.

BaselArea.swiss: Madame Mettraux, pourriez-vous nous donner votre définition personnelle de l’assurance?

Désirée Mettraux: Alors que pour beaucoup de gens, l’assurance est un sujet ennuyeux et compliqué, pour moi elle est synonyme de liberté. Je souhaiterais que l’assurance devienne ludique.

Simpego, spin-off de Pax, existe depuis 2016. Qu’avez-vous accompli depuis?

Nous avons revu et abandonné une grande partie de nos projections initiales. Le marché de l’assurtech est en forte évolution et fait l’objet d’investissements très importants partout en Europe. Nous pouvons aujourd’hui discerner les modèles qui ne fonctionnent pas sur le marché du B2C. Il est important de pouvoir faire son autocritique et se remettre en question régulièrement. C’est ainsi qu’est née Simpego, notre plateforme d’assurance en ligne, au terme d’une phase de tests extensive.

Creadi est financée par Pax, n’est-ce pas?

Tout à fait. L’agilité de notre entité permet à une grande entreprise comme Pax de disposer d’un environnement d’apprentissage idéal. Et aussi d’attirer les talents. Avec Simpego, nous avons lancé la première application native qui permet de souscrire à un contrat d’assurance sur son téléphone en Suisse. Ce n’est pas le type de projet qu’une compagnie d’assurance lambda peut mettre rapidement en place. De par notre statut, nous avons la possibilité de tester directement le produit d’un grand assureur sur notre plateforme. C’est une expérience gagnant-gagnant.

Où en sont les assureurs suisses dans le domaine de l’assurtech?

Nous accusons un sérieux retard par rapport au reste de l’Europe. Le taux de souscription à des assurances en ligne est d’environ 12% pour la Suisse, contre plus de 30% en Allemagne. Il n’y a pas de solution simple pour rattraper un tel retard.

Que voulez-vous dire?

Sur un marché qui n’est pas encore mûr pour cela, il ne suffit pas de numériser les produits. Notre société fonctionne encore selon un modèle très classique, avec des conseillers en assurance.

Creadi attaque ce modèle, ce qui ne peut pas plaire à tout le monde.

Quelques pionniers ont déjà tenté de bousculer le marché, ce qui leur a valu beaucoup d’inimitiés. Mais ce n’est pas mauvais pour le marché. La nouveauté a le bienfait d’obliger tous les acteurs à bouger. Et à terme, cela profitera aux consommateurs.

Visiblement, beaucoup de personnes continuent d’apprécier de recevoir un courtier qui vient leur présenter ses produits chez elles, autour d’un café. Comment parvenir à leur donner confiance dans une application?

Nos deux plus grands défis résident justement dans l’établissement de cette confiance et dans le positionnement de notre marque. Naturellement, il ne sera pas facile de rompre le lien personnel que certains clients ont forgé au fil des décennies avec leurs conseillers en assurances. C’est pourquoi nous mettons à la disposition de nos clients des services de chat en direct et aussi de consultation par téléphone.

Est-ce que cela pourrait être la solution?

Pour moi, le vrai sujet est ailleurs: d’abord dans la standardisation de la plupart des produits d’assurances actuels, hormis ceux qui relèvent de la prévoyance. Il n’y a aucune réinvention dans l’univers de la responsabilité civile privée. L’autre problème réside dans le fait qu’un représentant de la Mobilière vend exclusivement les produits de la Mobilière, que ceux-ci conviennent ou non aux besoins de son client. Nous souhaitons nous attaquer à ces nœuds, pour proposer un autre service: le client doit pouvoir choisir le prestataire auprès duquel il décide de souscrire en ligne ou demander conseil. Chez nous, il est possible de conclure un contrat d’assurance en moins d’une minute, sans aucune paperasse.

Comment les autres assureurs accueillent-ils ces nouvelles tendances?

Il y a ceux qui ne veulent pas en entendre parler, car ils ne souhaitent pas attaquer leur propre canal de distribution. Mais il y en a aussi d’autres, de plus en plus nombreux, qui sont de plus en plus sensibles aux questions que soulève la numérisation, et qui sont prêts à tester de nouvelles choses. Nous sommes ouverts à tous les partenariats. Je suis partisane d’une ouverture de l’ensemble des acteurs du secteur, qui pourraient oublier leur concurrence et travailler ensemble dans ce sens, au sein d’un grand écosystème.

L’idée semble belle...

... Mais la réalité a l’air bien différente. C’est la raison pour laquelle nous cherchons à réunir différents opérateurs sur notre place de marché. Il faut savoir changer ce qui a toujours été.

Quel rôle la numérisation joue-t-elle dans le secteur?

Ceux qui traitent électroniquement les processus manuels ne sont pas encore passés à la numérisation. Pour moi, la numérisation est une posture et une question d’orientation client. Beaucoup d’entreprises continuent de travailler de l’intérieur vers l’extérieur, et non de l’extérieur vers l’intérieur. Beaucoup de choses restent à faire de ce point de vue. Nous avons tous, assureurs compris, besoin d’une stratégie pour ce nouveau monde numérique. Qui aurait pensé il y a encore douze ans que nous n’achèterions quasiment plus nos chaussures et vêtements que dans les boutiques en ligne? Peut-être qu’il en sera de même à l’avenir avec les assurances.

Les produits d’assurance doivent-ils se moderniser?

Oui. La génération de nos clients les plus jeunes est de plus en plus dans l’hybridation: ils sont capables d’acheter à la fois du cottage cheese M-Budget et de l’huile d’olive Finefood. Ce phénomène est aussi visible dans le secteur de l’assurance: quel jeune a besoin aujourd’hui d’une assurance qui le couvre contre la perte de denrées congelées pour 5000 francs? On continue de retrouver cette prestation dans bien des contrats d’assurance habitation standard. Un jeune qui habite en co-location aura sans doute plutôt besoin d’assurer son vélo de 4000 francs, son ordinateur portable ou son mobile. Nombre d’assureurs ne répondent plus aux besoins liés aux nouveaux modes de vie, en particulier dans les zones urbaines.

Un autre problème: celui de l’image.

Les assureurs ont la réputation de commerciaux, des gens qui sont là pour vendre quelque chose. Chez Creadi, nous travaillons à casser cette image pour atteindre plus de transparence. Si nous ne disposons pas de l’offre qui répond aux besoins d’un client, nous l’en informons et nous le renvoyons vers des produits qui lui conviendront mieux. Nous ne proposons pas non plus de contrats de longue durée.

L’an passé, Creadi a remporté le DIAmond Award. Toutes nos félicitations!

Merci. Nous avons programmé Simpego Snap, un lecteur de permis de circulation. Il lit la photo de votre permis de circulation pour permettre à Simpego de créer l’offre convenant au type de votre véhicule, grâce à un algorithme intelligent qui identifie la meilleure couverture pour le véhicule, sur la base de sa catégorie et de son année de mise en circulation. Il est ainsi possible d’assurer son véhicule en une minute. C’est un service que nous avons choisi de proposer sur mobile parce que les gens conservent habituellement leur permis de circulation dans la boîte à gants. Je trouve ce genre de produits formidable. Ils rendent la vie plus facile.

Quelle importance ont les distinctions pour vous?

Celle-ci était importante, car elle nous a permis de valider notre modèle devant plus de 1000 professionnels du secteur. Nous avons ainsi pu confirmer que nous sommes sur la bonne voie dans notre écosystème. C’est très précieux et cela nous facilite aussi l’accès à de nouveaux partenaires. Avec cette évolution, nous montrons que nous sommes bien plus qu’un simple courtier en assurances.

Actuellement, Creadi emploie 15 personnes. Comment s’est déroulé le recrutement?

Même si la région n’est pas facile pour une start-up technologique, nous avons quand même choisi de rester à Bâle. Certains de nos collaborateurs ont même emménagé ici pour venir travailler avec nous. Bâle est définitivement une ville attractive, qui a beaucoup à offrir sur le plan culturel et sur celui des infrastructures. Elle a un cachet international. Malgré cela, elle garde une taille humaine et nos collaborateurs parviennent à se loger à des prix raisonnables.

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DayOne gains importance

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Synendos Therapeutics awarded EU funding

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Trois entrepreneurs, trois visions de l’industrie 4.0

05.11.2018

BaselArea.swiss a invité les start-up et les projets de l’industrie 4.0 à participer au premier Industry 4.0 Challenge. Un jury composé de personnalités du secteur a sélectionné trois finalistes: Philippe Kapfer avec NextDay.Vision, Roy Chikballapur avec MachIQ et Dominik Trost avec holo|one. Apprenez-en davantage sur leurs contributions et leur vision dans cette interview. Vous pourrez rencontrer les entrepreneurs au Salon Industries du Futur Mulhouse les 20 et 21 novembre 2018.

BaselArea.swiss: Quel problème votre entreprise souhaite-elle résoudre?

Dominik Trost, holo|one: En règle générale, nos solutions ont recours à la réalité augmentée pour apporter rapidement le savoir-faire là où le besoin s’en faire sentir. Concrètement, nous proposons des moyens intuitifs d’aide à la maintenance, par exemple des listes de contrôle holographiques ou des outils de reporting, ainsi qu’une assistance à distance aux entreprises optimisée grâce à la réalité augmentée afin de fournir des informations électroniques à des sites du monde entier parallèlement à des appels audiovisuels courants.
Nous utilisons également des hologrammes et des animations comme outils de storytelling et nous développons une application entièrement dédiée à la conception et à la présentation. Nous croyons surtout qu’il est important de faire simple: nos applications sont axées sur un ensemble fondamental de fonctionnalités puissantes et elles peuvent toutes être gérées via notre portail de gestion basé sur un navigateur. Les utilisateurs devraient pouvoir se servir de nos applications avec le moins d’efforts possible.

Roy Chikballapur, MachIQ: Nous aidons les constructeurs de machines et les fabricants à améliorer les performances des équipements et des actifs. Pour ce faire, MachIQ fournit aux constructeurs de machines un logiciel permettant de simplifier l’assistance à la clientèle et de surveiller leurs machines, et donc de réduire les interruptions non planifiées pour leurs clients. Pour les fabricants, MachIQ a créé un logiciel qui facilite l’assistance prédictive et qui combine des fonctions utiles tant pour les directeurs et les contrôleurs d’usine que pour l’équipe de maintenance. En résumé: nous donnons vie aux machines.

Philippe Kapfer, NextDay.Vision: Nous simplifions les communications entre les fabricants de machines et leurs clients et nous les rendons plus sûres. Les connexions entre deux contacts ne sont généralement pas sécurisées, elles sont donc vulnérables étant donné qu’une des parties, ou même les deux, doivent ouvrir la connexion. Cela les rend vulnérables. Qui plus est, vous devez généralement interrompre le flux de travail pour valider un partenaire.
Notre API est conçue pour aider les entreprises à créer un logiciel intégré. Par exemple, une entreprise peut mettre sa machine à jour à distance et intégrer le processus de validation directement du côté client. Le client n’a plus qu’à se connecter sur son smartphone. Il le fait en signant de la main. Le fabricant peut ensuite mettre la machine à jour à distance. Cela permet d’avoir un processus en conformité avec la réglementation, avec une traçabilité garantie.

Quand et pourquoi avez-vous fondé votre entreprise?

Philippe Kapfer: NextDay.Vision a été créée mi-2017. Avant cela, j’ai écrit, dans le cadre de ma thèse de master, un livre sur la sécurité des systèmes informatiques qui montrait comment Windows peut être piraté. Les systèmes informatiques des entreprises peuvent être facilement attaqués de l’intérieur. Par peur de subir ces attaques, de nombreuses entreprises n’utilisent pas le cloud, par exemple, et essaient de fonctionner en système fermé. En discutant avec les fabricants de machines et leurs clients, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas suffisamment de solutions pour régler ce problème. Lors de la numérisation, la question de savoir comment sécuriser les connexions se pose naturellement. Mon entreprise apporte des réponses à cette question.

Roy Chikballapur: Lorsque j’étais chez Schneider Electric à Paris, j’ai participé à la numérisation des offres industrielles pour différentes entreprises. Cependant, en discutant avec les constructeurs de machines et les fabricants, je me suis rendu compte qu’ils étaient aux prises avec des problèmes beaucoup plus basiques. L’un de ces problèmes fondamentaux est l’assistance à la clientèle: cela prend tout simplement trop de temps de rechercher le numéro de client, les numéros de série et de réparer le matériel. Pendant ce temps, la machine ne produit rien et ne génère que des pertes pour l’entreprise en question. L’idée de monter mon entreprise m’est venue en 2014, et j’ai lancé MachIQ en 2016.

Dominik Trost: Tout a commencé avec la présentation des lunettes Microsoft HoloLens: Nous avons assisté à la présentation et nous avons compris que la réalité augmentée prendrait de l’importance grâce à des casques. Nous avons très vite développé le premier appareil, et avons organisé de nombreux ateliers avec des entreprises dans différents secteurs d’activité. Nous avons immédiatement perçu les avantages de la réalité augmentée et les entreprises ont également compris comment elles pourraient utiliser cette technologie.
Après avoir évalué les débouchés commerciaux en Suisse, nous avons fondé notre société à la fin de cette même année, en mettant d’abord l’accent sur des cas individuels. Nous nous sommes vite rendu compte qu’une approche standardisée répondait mieux aux besoins des entreprises, mais il restait encore beaucoup à faire. Cette année, nous avons travaillé presque exclusivement sur «sphere», notre nouvelle plate-forme de réalité augmentée qui sortira à la fin du mois de novembre.

Comment avez-vous entendu parler du Industry 4.0 Challenge et pourquoi avez-vous décidé de participer?

Dominik Trost: Markus Ettin, responsable de l’automatisation et de l’industrie 4.0 du Bell Food Group a suggéré que nous pourrions être un bon candidat pour le Industry 4.0 Challenge et il nous a incités à approfondir le sujet. Bien que nous ayons une perspective internationale, il nous a semblé important de faire mieux connaître notre technologie également au niveau régional. Nous avons donc tenté notre chance...

Philippe Kapfer: Ce challenge a été pour moi une sorte de test décisif. Je voulais savoir comme notre solution allait être accueillie. Dans le Challenge industrie 4.0, j’ai eu l’occasion de voir les experts du secteur confirmer l’intérêt de mon projet. Parallèlement, le jury a reconnu que nous apportions quelque chose de nouveau dans le secteur.

Roy Chikballapur: Nous étions en contact avec l’équipe de BaselArea.swiss qui nous a aidés à quitter le canton de Vaud pour nous installer dans celui de Bâle-Ville. Sébastien Meunier, le responsable de l’initiative, a publié des informations à propos du Industry 4.0 Challenge sur LinkedIn et c’est ainsi que nous avons été informés. Je pense que les discussions de la communauté LinkedIn de BaselArea.swiss sont très emblématiques de ce qui se passe dans le secteur de l’industrie 4.0, et c’est ce qui nous a motivés pour nous inscrire.

Que signifie pour vous l’expression «industrie 4.0» et pourquoi pensez-vous que le sujet est important?

Dominik Trost: Pour nous, l’industrie 4.0 est l’évolution logique de l’industrie avec les outils et les technologies actuellement disponibles ou en cours de développement. Comme l’appellation 4.0 le suggère, nous pensons qu’il s’agit de la révolution industrielle de notre génération et qu’elle apporte des gains immenses en matière de productivité, de sécurité et d’interconnectivité. Il nous semble donc évident que l’industrie 4.0 restera un sujet brûlant au cours de la prochaine décennie, et qu’aujourd’hui est le moment idéal pour se lancer.

Philippe Kapfer: Je crois que le terme «industrie 4.0» est souvent utilisé pour vendre un nouveau produit ou service. Souvent la technologie était déjà en place avant, et elle est tout simplement utilisée de façon différente sous l’appellation industrie 4.0. Pour moi, ce terme signifie d’abord et avant tout que l’industrie est en pleine évolution.

Roy Chikballapur: Je pense qu’il y a plus derrière cette expression. Je conviens qu’on attache beaucoup d’importance aujourd’hui aux technologies qui permettent la numérisation des processus, la génération de données utiles et la création d’algorithmes que beaucoup espèrent voir remplacer les êtres humains dans plusieurs fonctions au sein des ateliers. Chez Machiq toutefois, nous nous concentrons sur les transformations des modèles commerciaux que ces technologies vont générer lorsqu’elles seront déployées à grande échelle et nous voyons que peu d’entreprises se préparent à ces transformations.
Voici un exemple: la plupart des constructeurs de machines considèrent la vente de pièces détachées et la fourniture de services de maintenance et de réparation comme leur «activité de services». Cependant, leurs clients achètent en fait l’expérience «zéro interruption non planifiée». Avec une meilleure capacité pour connecter les machines et analyser les données de performance en temps réel, il est désormais possible d’éviter les interruptions.

Toutefois, ce faisant, les constructeurs de machines verront leurs revenus de pièces détachées diminuer. Sont-ils prêts à cela? Pas tant qu’ils s’accrocheront aux modèles commerciaux actuels. Mais qu’en serait-il s’ils proposaient un contrat de type «Netflix» pour l’entretien et les pièces détachées dans lequel le client achète du temps de fonctionnement? Qu’en serait-il si un producteur de yaourts pouvait payer son fournisseur d’équipement en fonction du nombre de pots de yaourts produits chaque mois?
Cela obligerait à passer d’un modèle basé sur des investissements importants à un modèle basé sur des dépenses de fonctionnement, même dans le secteur des machines industrielles. Le modèle de l’industrie 4.0 obligera les fournisseurs à collaborer avec leurs clients et les concurrents à collaborer entre eux. Notre tâche consiste à accompagner toutes les parties dans ce processus de transformation de manière progressive, de façon à ne pas perturber inutilement les modèles commerciaux actuels.

Où le développement est-il visible, selon vous, dans la région?

Roy Chikballapur: Nous nous sommes installés à Bâle principalement en raison de sa position géographique au cœur de l’industrie de la construction de machines en Europe. Dans un rayon de 300 km, nous avons la plus grande concentration de grandes entreprises de construction de machines dans tous les secteurs importants. L’un des atouts majeurs du canton est l’intérêt qu’il porte à l’industrie 4.0. S’il existe de nombreux pôles de start-up en Europe, ils ont tendance à s’intéresser davantage à des sujets plus «séduisants» tels que la Fintech, la chaîne de blocs et l’IA.
Personnellement, j’espère que la région adoptera plutôt un domaine d’intervention plus concret et plus «réel» et qu’elle exploitera ses atouts en tant que pôle des sciences du vivant mais également en tant que centre industriel et logistique.
Nous aimerions voir une plus grande collaboration avec les start-up de l’industrie 4.0 afin qu’elles intègrent chacun de nos produits pour développer des offres plus complètes pour notre clientèle. Nous aimerions également développer notre collaboration avec les entreprises plus importantes de la région. Je suis convaincu qu’un tel intérêt porté au thème Industrie 4.0 va permettre d’accélérer l’innovation et renforcer la position de Bâle en tant que pôle de l’industrie 4.0.

Dominik Trost: En tant qu’éditeur de logiciel proposant un produit standardisé, nos perspectives ne sont pas tellement régionales, mais plutôt nationales ou définies par des barrières linguistiques. Si l’on regarde l’avancée de la réalité augmentée en Suisse et en Allemagne, il y a effectivement davantage de zones de développement ici que partout ailleurs, principalement sous la forme de start-up individuelles et de programmes universitaires.
Toutefois, la réalité augmentée est encore perçue comme une technologie expérimentale, bien qu’il existe des applications qui se sont avérées viables et bénéfiques. Il n’y a pas autant de dynamisme et de compétition qu’aux Etats-Unis ou en Asie de l’Est, ce qui est une chance pour nous, mais également un compte à rebours.

Quels sont les projets de votre entreprise?

Philippe Kapfer: Nous avons actuellement des clients principalement dans le Jura et en Suisse francophone. Outre nos produits, nous proposons également des formations et des audits sur les systèmes de sécurité de l’information. A l’avenir, je veux consacrer encore davantage de capacités au développement. Nous ciblons le marché national ainsi que les marchés internationaux avec notre logiciel de sécurité et notre API. Le marché de la cybersécurité connaît une croissance annuelle de dix pour cent, mais il n’y a pas assez de monde pour répondre à cette évolution.
NextDay.Vision fournit un logiciel qui répond à un besoin et permet aux entreprises de respecter plus facilement des normes de sécurité élevées. Nous voulons faire entrer la cybersécurité dans les mentalités du secteur. Cela inclut la mise en place de connexions entre les clients et les fabricants sans pour autant compromettre la sécurité des données. Nous sommes convaincus que nous allons continuer à nous développer grâce à notre produit et notre vision.

Dominik Trost: A ce stade, tout ou presque est possible. Nous développons activement notre réseau de distributeurs et nous regardons également au-delà des frontières. Nous faisons déjà la promotion de nos solutions en Allemagne et nous étudions nos options dans d’autres pays. La concurrence étrangère va très certainement pénétrer le marché européen, il est donc important pour nous d’agir rapidement et de manière décisive. Nous avons mis sur pied une équipe compétente, et nous sommes extrêmement confiants dans la qualité de nos produits, nous avons donc hâte de voir ce que l’avenir nous réserve.

Roy Chikballapur: MachIQ se positionne comme un acteur neutre et indépendant des marques qui propose des produits logiciels pour la gestion des performances des actifs permettant de connecter les constructeurs de machines à leurs utilisateurs industriels finaux. Le logiciel Machiq crée la dynamique permettant la création d’une «coopérative de données» pour l’industrie 4.0. La mise en commun des données bénéficie à tous les utilisateurs du système, mais elle est gérée de façon sécurisée pour ne pas compromettre les relations que les entreprises ont établies avec leurs fournisseurs et leurs clients, ni la dynamique concurrentielle entre les sociétés du secteur.
Nous avons pour ambition de devenir le «système d’exploitation des entreprises» du monde de l’industrie 4.0. Si de nombreuses entreprises ne pensent pas à cela, dès que nous leur présentons notre vision, elles nous comprennent immédiatement et elles voient ce que nous essayons de faire. Nous constatons une croissance de notre clientèle. Par conséquent, nous nous attachons à embaucher les talents adéquats et à développer rapidement notre équipe.

Texte: Annett Altvater

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